En ce jour de commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, je me répète ce passage du livre
d’Elie Wiesel qui toujours m’accompagne.

« Pour le survivant qui se veut témoin, le problème reste simple: son devoir est de déposer pour les morts autan que pour les vivants, et surtout pour les générations futures. Nous n’avons pas le droit de les priver d’un passé qui appartient à la mémoire commune.
L’oubli signifierait danger et insulte. Oublier les morts serait les tuer une deuxième fois. Et si, les tueurs et leurscomplices exceptés, nul n’est responsable de leur première mort, nous sommes de la seconde. »

Elie Wiesel, La Nuit, pp. 22-23;

c’est chez moi!

Gitagata - Nyamata - Rwanda

Le véhicule s’est arrêté. A gauche de la piste, toujours ce fouillis de buissons, de fourrés: « Regarde, me dit Emmanuel, tu ne reconnais pas? C’est chez Cosma, c’est chez Stéphania, c’est chez toi! » Je regarde l’enchevêtrement des taillis, j’ai peine à me convaincre: c’est chez moi!

Inyenzi ou les Cafards, pp. 120-121