L a reine Kitami Kitami sur son trône recevant Murari.

UNE VISITE A LA REINE KITAMI.

Voulez-vous rendre visite à la reine Kitami? Il vous faut pour cela aller à Mbarara, une ville au sud-ouest de l’Ouganda qui compte près de 200 000 habitants. Prenez la route en direction de Masaka, au bout de 16km., vous trouverez le musée:
IGONGO CULTURAL CENTER
et, si vous en avez les moyens, vous pourrez y loger au luxueux COUNTRY HOTEL.

Le musée, considéré comme l’un des plus intéressants du pays, a été inauguré par le président Yoweri Kagata Museveni le 23 décembre 2011. Il présente, entre autres, une  »reconstitution » du palais de la reine Kitami, dans le genre un peu naïf de notre musée Grévin ou, plutôt, puisque nous sommes en pays anglophone, du musée londonien de madame Tussaud.

Je traduis la notice qui explique la scène:

Kitami sur son trône reçoit Murari. Autour d’elle, quelques  »regalia » comme le tambour royal Murorwa, des lances, des pots à lait et des barattes. Elle est entourée de son conseil de femmes. D’autres attendent d’être admises en audience.

Quelques explications complémentaires nous sont données sur la fabuleuse reine Kitami:

Au temps où les Bashambo menés par Murari rétablirent leur domination sur le royaume du Mpororo, au XVIIIème siècle, le pays était gouverné par une femme guerrière appelée Kitami kya Nyawara. Elle possédait un tambour royal appelé Murorwa.
On raconte que Kitami était une très belle femme mais ses sujets, qui étaient principalement des femmes, étaient rarement admis à la voir. Elle était créditée de pouvoirs extraordinaires de divination et commandait à la pluie. La réputation de ses pouvoirs circulait dans tous les pays voisins et décourageait les ennemis éventuels du Mpororo.

La légende dit qu’un homme appelé Murari parvint jusqu’à son palais et que Kitami en tomba amoureuse, qu’elle l’épousa et en eut un fils Gahaya Rutindangyenzi qui, plus tard, conquit de nombreux pays: le Kigezi, le nord du Rwanda et une partie du Congo.
La mort de Kitami demeure mystérieuse. Pour certains, elle périt d’une piqûre d’abeille, pour d’autres, ce fut Murari qui détrôna Kitami;

Comme on était persuadé qu’elle possédait des pouvoirs surnaturels, on imputa à sa mort de nombreux désastres et des événements extraordinaires: épidémies, orages d’une violence extrême, tremblements de terre qui amenèrent beaucoup de gens à quitter le royaume.

Murari, lui-même, prit peur et consacra un sanctuaire à l’esprit de Kitami où de nombreux dévots vinrent lui rendre un culte qui devint plus tard le mouvement religieux de Nyabingi. Le culte de Nyabingi connut une vaste expansion et devint un mouvement anti-colonialiste au sud-ouest de l’Ouganda, au nord du Rwanda et au nord-est de la Tanzanie au début du XXème siècle. Il est à présent répandu dans la Caraïbe et en Ethiopie.

L a reine Kitami Kitami sur son trône recevant Murari.
Les traditions orales conservées dans le sud-ouest de l’Ouganda, où se mêlent légendes et fonds historiques, décrivent Kitami comme une reine à la beauté aussi irrésistible que sa puissance magique qui lui était attribuée. Amazone noire, ses troupes d’élite étaient composées de femmes guerrières.
Murari, quant à lui, serait, selon certains récits, un prince rwandais prétendant au trône évincé par un de ses frères, devenu le mwami Kigeri Ndabarasa. Kitami tombe amoureuse de Murari au récit que fait l’exilé de ses malheurs comme Didon la reine de Carthage sous le charme éloquent d’Enée.
Leur fils unique Gahaya serait le fondateur du royaume du Mpororo dont la durée fut éphémère, un siècle à peine semble-t-il, mais dont le souvenir s’est perpétué au travers du culte de Nyabingi.